Prétendument qualifiée par d’aucuns instaurée par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, c’est un contrat de partenariat public-privé que ce dernier a co-signé avec son collègue des Transports, le VPM Jean Pierre Bemba Gombo pour une durée de vingt ans avec la société américaine Securiport LLC. Ce contrat porte sur la mise en place d’un système intégré de gestion des services de sécurité et d’immigration en République Démocratique du Congo. Selon les termes du document, une nouvelle taxe aéroportuaire de 30 dollars américains sera désormais perçue sur chaque passager, à l’arrivée comme au départ, sur tous les vols commerciaux internationaux. Concretèment, si le Go-pass concerne tous les voyageurs sans distinction, la particularité de ce contrat est qu’il ne concerne pas les voyageurs internes au pays.
Le partenariat prévoit que 85 % des recettes issues de cette redevance reviendront à la société américaine, tandis que l’État congolais n’en percevra que 15 %. Ce déséquilibre financier suscite déjà de vives réactions au sein de la société civile. Pour Juvénal Salumu du Collectif Amka Congo, « après le Go Pass, voici venir une nouvelle escroquerie déguisée sous couvert de modernisation de la sécurité ». Il estime que le gouvernement devrait faire preuve de transparence et revoir les clauses d’un contrat jugé défavorable aux intérêts du pays.
De son côté, le ministère de l’Intérieur justifie ce partenariat par la nécessité de renforcer la sécurité des frontières, de lutter contre la fraude documentaire et les menaces transnationales. Le modèle adopté, dit Build – Train – Maintain – Transfer, prévoit que Securiport finance, conçoive, installe et maintienne le système avant d’en transférer la propriété à l’État congolais à la fin du contrat.
Si les autorités vantent un projet censé moderniser la gestion des flux migratoires et renforcer la sûreté nationale, beaucoup y voient une charge supplémentaire imposée aux voyageurs et un contrat qui risque d’alourdir le coût du transport aérien en RDC. Dans un contexte économique déjà difficile, cette nouvelle taxe de 30 dollars par passager relance le débat sur la gouvernance des recettes issues du secteur aérien et sur la transparence des partenariats publics-privés conclus au nom de la modernisation du pays.
LaM





